Fentanyl, cartels et wallets crypto. Aux États-Unis, l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) est le bras armé du Trésor américain pour mener les sanctions économiques. Et justement, cette agence vient d’inscrire plus d’une douzaine d’individus et d’entités sur sa liste noire, ainsi que des adresses Ethereum (ETH), pour leurs liens avec le cartel de Sinaloa. Menée conjointement par la Homeland Security Task Force (HSTF) et la Drug Enforcement Administration (DEA), l’opération vise un réseau de blanchiment soupçonné d’avoir converti en cryptomonnaies les profits du trafic de fentanyl.
- L’OFAC a inscrit sur sa liste noire plus d’une douzaine d’individus et d’entités liés au cartel de Sinaloa pour leur implication dans un réseau de blanchiment utilisant les cryptomonnaies pour le trafic de fentanyl.
- Le mode opératoire impliquait la collecte d’espèces aux États-Unis, leur conversion en cryptomonnaies via des courtiers au Mexique, et le transfert des fonds vers les dirigeants du cartel.
Le Trésor US frappe fort le Cartel de Sinaloa, et sanctionne notamment 6 adresses Ethereum
Le Cartel de Sinaloa figure depuis longtemps parmi les organisations criminelles les plus puissantes du Mexique. Son nom revient régulièrement dans les enquêtes sur le trafic de fentanyl, cette drogue opioïde de synthèse responsable de dizaines de milliers de morts par overdose chaque année aux États-Unis.
Dans un communiqué de presse publié ce 20 mai 2026, le Trésor US, via l’Office of Foreign Assets Control, annonce avoir sanctionné plus d’une douzaine de personnes et d’entités rattachées à deux réseaux gravitant autour du cartel, et mis sur liste noire 6 adresses Ethereum (ETH). Au centre de la cible : un système de blanchiment accusé d’avoir transformé les revenus de la drogue en actifs numériques pour le compte de l’organisation.
« Comme l’a clairement indiqué le président Trump, cette administration n’autorisera pas les narco-terroristes à inonder nos frontières de poison. (…) Le Trésor continuera de cibler les cartels terroristes et leurs réseaux de trafic de fentanyl pour protéger nos communautés et assurer la sécurité de l’Amérique. »
Scott Bessent, secrétaire au Trésor US
Les cryptomonnaies, petit maillon discret mais bien réel du blanchiment
D’après les éléments dévoilés par l’OFAC, le mode opératoire combinait plusieurs étapes : collecte d’espèces sur le sol américain, recours à des courtiers basés au Mexique, puis conversion en cryptomonnaies. Les fonds, devenus quasi instantanément transférables, remontaient ensuite vers les dirigeants du cartel installés au Mexique.
L’agence a notamment identifié Ojeda Aviles comme le pilote présumé d’un réseau de blanchiment chargé de gérer les profits issus de la vente de fentanyl et d’autres narcotiques pour le compte du cartel. Autre nom mis en avant : Gonzalez Penuelas, fugitif décrit comme à la tête d’une organisation distincte mêlant trafic de drogue et blanchiment.
Les conséquences juridiques sont lourdes. L’ensemble des biens et intérêts détenus par les personnes désignées sur le territoire américain sont gelés. Cette mesure s’étend automatiquement à toute entité détenue à 50% ou plus par un individu sanctionné. Les ressortissants américains, particuliers comme entreprises, ont par ailleurs interdiction d’entrer en transaction avec ces cibles, sous peine de poursuites.
Si l’affaire confirme que les cartels intègrent désormais les actifs numériques dans leur ingénierie financière, il faut garder en tête une réalité : selon les rapports successifs de Chainalysis, les flux illicites en crypto représentent largement moins de 1% du volume total des transactions on-chain. Et les outils pour traquer les activités criminelles se perfectionnent de plus en plus, comme la présente affaire le démontre clairement.




